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Pourquoi ont-ils assassiné Jean Jaurès ?

dimanche 31 juillet 2011, par Jean-Pierre Combe

- Jaurès a été assassiné alors qu’il élaborait un « nouveau J’accuse » pour dénoncer les grands capitalistes français de l’industrie et de la finance parce qu’ils avaient voulu et préparé la guerre alors imminente !

- Les historiens, depuis, ont établi que le but de la grande bourgeoisie française était de mettre la main sur les colonies que la bourgeoisie allemande venait de conquérir en Afrique : c’est donc une guerre de rapaces qui commençait alors...
- La responsabilité, nous devrions dire la culpabilité des grandes bourgeoisies d’Europe dans les guerres de conquête était depuis longtemps connue d’une large part des classes ouvrières française, allemande, anglaise, et depuis dix ans, nombre de militants ouvriers de ces pays n’hésitaient pas à leur imputer la responsabilité de la guerre qui montait en Europe : la question posée aux travailleurs d’Europe était donc d’abord : comment faire en sorte que la guerre n’éclate pas, et depuis quelques jours, elle était devenue : comment faire pour arrêter cette guerre et rétablir la paix ?...
- La deuxième Internationale, dans ses dernières sessions, notamment à Bâle, avait décidé d’appeler les travailleurs d’Europe à refuser de faire la guerre, et à renverser les gouvernements bourgeois qui s’y lanceraient en les remplaçant par des gouvernements socialistes qui, eux, feraient la paix. Cette décision de l’Internationale reprenait la position que Jaurès avait argumentée.
- Jaurès ne faisait pas mystère de sa position : il la développait au cours de ses interventions publiques, dans les dernières semaines précédant la guerre.
- Au contraire, l’Internationale ouvrière (la deuxième Internationale) trahira son engagement dès le premier jour de la guerre : la quasi-totalité des partis sociaux-démocrates se ralliront à l’Union sacrée, c’est-à-dire qu’ils accepteront que désormais, la politique leur soit dictée par les ministres bourgeois : c’est ce ralliement que Lénine dénonce dans sa brochure La grande trahison de la social-démocratie.
- Dans ses dernières interventions publiques, Jaurès exposait sa politique : au cas où la guerre éclaterait, le peuple devrait renverser le gouvernement bourgeois, le remplacer par un gouvernement socialiste en chargeant ce gouvernement de faire la paix ; il s’apprêtait à développer cette politique dans le numéro du premier août de l’Humanité, en lui donnant comme argument décisif la dénonciation des grands capitalistes français ; je dois souligner ici que ce pacifisme était très exactement la politique que les Bolchéviks ont mise en euvre sous le nom de défaitisme révolutionnaire : cette politique a fait la Révolution d’Octobre, elle a arrêté la guerre avec l’Allemagne et son aboutissement fut la formation de l’URSS !...
- Il est vrai que les conséquences des défaites écrasantes subies par l’armée du Tsar de toutes les Russies en 1914, 1915 et 1916 étaient telles que la guerre, si un gouvernement révolutionnaire ne l’avait pas arrêtée, n’aurait pu aboutir qu’à l’écrasement total des peuples de l’empire des tsars, chacun de ces peuples devenant victime d’un génocide : c’est en conséquence de ces défaites que dans la Russie de 1916, le pacifisme était devenu un exact synonyme du défaitisme !
- Maurice Thorez, pendant la guerre du Maroc de l’après-guerre de 1914-1918, appellera cette politique « le pacifisme révolutionnaire ».
- Je le maintiens : lorsque la bourgeoisie l’a fait assassiner, Jaurès était révolutionnaire, au moins depuis déjà plusieurs années...

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