Ami de l’égalité

Comment évaluer la situation en Ukraine ?

par Petro Simonenko

vendredi 22 août 2014

- Le pays est au bord du gouffre. Et si l’Ukraine continue selon le vœu de l’Occident et des États-Unis sa trajectoire de transformation en état périphérique, servant les intérêts des sociétés transnationales, si elle continue sa trajectoire de guerre, où une guerre civile risque de se transformer en conflit entre Etats, nous allons nous retrouver face à une menace réelle de destruction de l’intégrité territoriale, la perte de l’indépendance.

- Les oligarques qui ont pris le pouvoir après le coup d’Etat sur le Maidan en février, et leurs complices nationalistes, cherchant à justifier leurs crimes sanglants dans les régions d’Odessa, Marioupol, Donetsk et de Lougansk, prétendent assister aujourd’hui à la naissance d’une nouvelle nation unie.
- C’est un mensonge flagrant. Lorsqu’un Ukrainien tue un autre Ukrainien, lorsque sont massacrés vieillards, femmes, enfants, lorsque les villages sont rasés, les fabriques et les usines, les écoles, les hôpitaux, les crèches, les infrastructures des grandes villes des régions de Donetsk et de Lougansk sont détruits, lorsque des centaines de milliers de citoyens de l’Ukraine à la recherche de paix laissent leurs maisons et deviennent des réfugiés, parler d’une nation unie est un blasphème !
- Le régime national-fasciste mène une guerre de l’information, dont le but est de justifier les crimes contre son propre peuple par une lutte contre les séparatistes et les terroristes.
- Pour l’amour de la vérité et dans l’espoir d’arrêter cette guerre fratricide, je tiens à réitérer que les protestations dans le Donbass ont commencé avec les exigences du maintien de la langue russe comme langue officielle, la nécessité de décentraliser le pouvoir et renforcer les pouvoirs des collectivités locales, la possibilité de référendums locaux. Les résidents des régions de Donetsk et de Lougansk sont opposés à la destruction des monuments et des obélisques aux héros de la Grande Guerre patriotique, contre la distorsion de l’histoire.
- Ils n’ont pas voulu les entendre ni les écouter et ont déclaré la guerre à leur propre peuple.
- On assiste à une chute extrêmement dangereuse de la production, à la montée de l’inflation, des prix et des tarifs, au gel des salaires des employés, à la réduction des coûts pour les programmes de soutien aux retraités, aux femmes, aux jeunes, à la lutte ouverte contre les dissidents et la censure violente dans les médias. La signature d’un accord désastreux d’association avec l’UE, d’un protocole esclavagiste avec le FMI, la perte du marché en Russie et la situation catastrophique avec le gaz (manque d’approvisionnement par la Russie) conduira inévitablement à une hausse du chômage, une baisse du niveau de vie et une montée de la tension sociale.
- En 2014, comme en 2004-2005, est venu au pouvoir en Ukraine le même groupe d’oligarques, complètement dépendants et exécutant tous les ordres des USA et de l’Europe. Le danger de leur maintien au pouvoir est renforcé par le fait qu’ils ont pris pour complices l’organisation pro-fasciste « Svoboda » et d’autres courants nationalistes d’extrême-droite. L’arrivée au pouvoir des milliardaires, tant dans l’Administration présidentielle qu’à la direction des régions (à Donetsk, Tarouta ; à Dnipropetrovsk, Kolomoysky), la création d’armées de mercenaires privés montrent la division réelle du territoire de l’Ukraine en principautés oligarchiques (féodales).
- La guerre continue dans l’intérêt des États-Unis, à savoir pour nettoyer les futures zones d’extraction du gaz de schiste.
- Cette guerre est une lutte des oligarques pour la redistribution des richesses, et ceux qui sont arrivés au pouvoir à Kiev s’efforcent par la guerre de détruire les fabriques et les usines dans la plus grande région économique de l’Ukraine, ce qui rend impossible pour les oligarques du Donbass d’augmenter leurs richesses. Et cela signifie des centaines de milliers de chômeurs.
- Cette guerre, c’est la destruction physique des citoyens de l’Ukraine qui se sont permis de revendiquer le droit à la vérité de l’histoire, de parler leur langue, de demander l’utilisation de l’argent gagné pour le développement de leurs régions, et non pas pour nourrir les fonctionnaires de Kiev qui piochent dans le budget pour se remplir les poches.
- Cette folie doit cesser !
- Quelle est la cause et qui est le principal responsable de ce qui se passe ?
- Il est évident que ceux qui toutes ces années ont intimidé les citoyens ukrainiens par des mensonges sur le passé soviétique, sur les pages tragiques de notre histoire, ont fait cela pour détruire les principes de justice sociale, le système du pouvoir populaire, et pour pouvoir s’enrichir par la dure exploitation des autres, le chômage, la hausse des prix et des tarifs, le faible niveau des salaires et des pensions. La raison de ce qui se passe est dans le système politique, qui est le gardien des intérêts du capital et des oligarques. La raison est la privatisation illégale des biens publics, qui a conduit à une énorme stratification sociale entre une poignée de riches et les pauvres. La plupart en travaillant s’appauvrissent, et plusieurs centaines de tyrans deviennent riches. Beaucoup de gens ne remarquent pas comment dans un flux dense d’événements tragiques sont relégués au second plan les problèmes clés et les maladies de notre société : la corruption, l’oligarchie, la profonde stratification sociale, la collusion entre les fonctionnaires et les criminels, le mépris pour les droits des personnes. Les conversations à ce sujet sont de plus en plus pour la forme. Les vraies solutions sont reportées pour « après », pour « après la victoire ». Seulement, qui faut-il vaincre ?
- Les participants aux Maidan et ceux qui l’ont utilisé à leurs propres fins font valoir qu’il s’agissait d’une révolte contre un régime criminel. Cependant, comment à la fin se fait-il que des citoyens ukrainiens tirent maintenant sur d’autres citoyens ukrainiens ? Et ceux qui faisaient partie de ce régime se sentent-t-ils bien dans les « nouvelles conditions » ? Comment se fait-il que l’indignation face à l’indifférence des autorités à l’opinion publique a donné lieu au refus d’entendre nos concitoyens qui ont une opinion différente ? Et comment se fait-il que, dans le sillage d’un sentiment anti-oligarchique, à nouveau les oligarques se retrouvent au pouvoir ? Pas moins cyniques ni cupides.
- Comment se fait-il que les gens de l’Ukraine, qui ont apporté une grande contribution à la Grande Victoire du peuple soviétique sur le fascisme, aient porté au pouvoir un régime national fasciste ? Le régime instauré après le coup d’état sur la Place de l’indépendance a provoqué une confrontation civile et la société a basculé dans la guerre civile. Bien que, en fait, les raisons d’un conflit au sein de la société n’existaient pas.
- Dans leurs demandes, les travailleurs ukrainiens dans l’Est et l’Ouest, le Sud et le Nord, le Centre et les régions, sur les Maidan et anti-maidans exigeaient des solutions à des questions similaires : surmonter les inégalités sociales, assurer une répartition équitable de la richesse sociale, briser la toute-puissance des oligarques et mettre fin à la corruption. Les citoyens ukrainiens veulent améliorer l’efficience et la responsabilisation du gouvernement.
- Mais tout cela a fini par des conflits internes, suivant la technologie du grand capital. Avec son aide, le mécontentement social de la société dans son ensemble a été détourné dans le canal de la haine mutuelle. Malheureusement, cette technique a marché. Et cela va fonctionner aussi longtemps que nous ignorerons l’intention criminelle des oligarques.
- Y a-t-il un espoir de résoudre rapidement le conflit ?
- Dans la logique imposée par le capital, aucun. En effet, dans les relations entre le pouvoir, qui protège les intérêts du capital, et les gens ordinaires, entre les nouveaux maîtres, qui sont devenus oligarques, et les travailleurs, rien n’a changé. La classe des propriétaires s’est rendu compte depuis longtemps qu’elle a besoin du pouvoir comme une garantie de la poursuite de son enrichissement, et les travailleurs persistent dans un état d’illusion que leurs exploiteurs propriétaires sont jour et nuit à réfléchir à la façon de faire le bien pour eux, et votent pour les oligarques, se condamnant ainsi à la pauvreté.
- Certains représentants de l’ancien régime oligarchique, après le coup d’Etat sur le Maidan, s’enfuirent, et l’opposition oligarchique arrivée au pouvoir a pris pour alliés les nationalistes néo-fascistes, ainsi qu’une partie importante des partisans de M. Ianoukovitch, puis a continué à faire ce que faisaient leurs prédécesseurs au pouvoir. Le « népotisme », la corruption continuent de prospérer. Les fonctionnaires et les grandes entreprises volent même en temps de guerre. L’Ukraine traverse un stade d’oligarchisme militaire, lorsque les oligarques ne se cachent plus derrière des sbires, et occupent directement les hautes fonctions publiques. Et renforcent leur régime non seulement par des ressources administratives, et la violence directe, en s’appuyant sur les armées mercenaires privées.
- Pour la première fois dans l’histoire de son indépendance, l’Ukraine a un président oligarque. Pour la première fois les oligarques ont formé des unités militaires, qui refusent d’obéir aux lois de l’Ukraine. Au sein de l’Ukraine se sont formées des « principautés » oligarchiques et les nouveaux magnats se battent pour leur contrôle par l’entremise du peuple ukrainien.
- Et pour que ce fait ne saute pas aux yeux, on a vendu à la société ce conte sur l’intégration européenne sous forme d’une association avec l’UE, mais sans adhésion à l’UE, qui explique et excuse tout, et les mesures antisociales, et l’exploitation accrue, et le pillage du pays.
- Les gens se laissent une fois de plus berner. Et c’est la raison principale pour les événements d’aujourd’hui, et bien plus, c’est la raison de la catastrophe nationale qui approche. Tant que la société ukrainienne ne se débarrassera pas de la bride oligarchique, le développement sera impossible. L’Ukraine sera constamment frappée par les échecs économiques, les crises politiques et les conflits civils.
- Comment évaluer la situation à l’Est ?
- Tout cela aurait pu être évité. Nous, communistes, avons offert d’organiser un référendum sur le choix du vecteur de l’intégration économique (association avec l’UE ou Union douanière) dès 2013. S’asseoir à la table des négociations et entamer un dialogue avec toutes les régions en Janvier et Février 2014 et exclure la guerre. Faire une réforme réelle du gouvernement local et décentraliser le pouvoir, pas seulement en paroles. Garantir et non pas piétiner les droits socio-culturels de la population. Tenir des référendums régionaux en mars de cette année. Arrêter les provocations étrangères. S’abstenir des nominations provocatrices de milliardaires, de parrains, de « copains » et former un gouvernement de professionnels, en tenant compte de la représentation des intérêts de toutes les régions. Et le conflit se serait résorbé de lui-même. Nous avons proposé cette voie. Mais aucun des partis oligarchiques des clans opposés ne nous a soutenus. Au contraire, le nouveau régime a commencé à cultiver dans la société le revanchisme nationaliste, tout en s’occupant de la redistribution de la propriété : Le refus d’écouter les revendications légitimes des citoyens, le revanchisme outrancier des politiciens vainqueurs de Kiev a amoré le processus de décomposition.
- Je tiens à souligner que l’Ukraine a perdu non pas le contrôle du territoire, mais la confiance du peuple. La clé du problème est la restauration de la confiance en Ukraine. La confiance au sens large. Malheureusement, on ne voit aucun signe de retour à la raison. Par conséquent, l’est du pays est livré aux flammes. Les oligarques des deux camps ne font pas que dresser les populations l’une contre l’autre. Ils essaient d’attirer dans le conflit les Etats voisins : Aujourd’hui, nous sommes témoins de la tragédie. La guerre civile a commencé. Les citoyens ukrainiens s’entretuent, tuent des civils en masse. Les combats détruisent les villes, les gens sont obligés de se cacher dans les sous-sols. Il y a des milliers de réfugiés. Il y a quelques mois, on a promis aux gens la paix et la prospérité. Aujourd’hui, ils ont la guerre. Cette guerre, comme un « trou noir », aspire la population, forçant les gens à chercher sans cesse comment sauver leur vie, comment protéger leur famille, leur ville. Et chaque nouveau coup, et chaque nouvelle mort provoque une nouvelle escalade du conflit, sème la haine mutuelle pour des décennies.
- Cependant, l’intervention d’éléments extérieurs de plus en plus nombreux n’éteint pas le conflit, mais attise les flammes de la guerre. Ce n’est plus un conflit au sein de l’Ukraine mais une opposition des puissances mondiales : les Etats-Unis, l’Europe, la Russie. Les événements prennent une tournure terrible qui menace de se transformer en une grande tragédie, non seulement pour l’Ukraine mais pour tout le continent.
- Comment résoudre le conflit ?
- Le principal problème aujourd’hui c’est que les autorités ne veulent résoudre le problème que par la force. On impose à la société l’idée que conclure la guerre au prix du sang et de la mort de citoyens d’un même État serait une victoire. Alors qu’il n’y a de paix que dans le dialogue et l’acceptation des points de vue d’autrui. Le conflit ne peut être résolu que par des moyens politiques. Il faut des consultations, des contacts, des négociations, mais pas ceux qui sont maintenant en cours : se rencontrer seulement pour insulter l’autre et cracher sur lui n’a pas de sens.
- Il est évident que nous devons entamer un dialogue dans le sens d’un effort général pour réduire les menaces sur la population civile. Il est nécessaire de former un réseau de groupes de contact des responsables gouvernementaux, des représentants des collectivités locales, des représentants des opposants, agissant dans chacune des localités.
- Nous croyons que la guerre ne résoudra rien. Avec le Donbass il est nécessaire de parler. Et pas seulement avec le Donbass. Avec chaque région. Y compris la Transcarpatie. Pourquoi, par exemple, le président parle de décentralisation, mais ne va pas dans les régions avec son projet, ne le défend pas devant les collectivités locales, ne l’améliore pas ?
- Il faut regagner la confiance du peuple. C’est un long processus qui nécessite des solutions dans le domaine de la politique linguistique, culturelle, sociale, économique et dans la réforme du système de gouvernement, qui confèrera de grands pouvoirs à l’autonomie locale. Sinon, le problème ne sera pas résolu.
- Nous avons besoin de commencer à construire une nouvelle vie, plutôt que d’imposer des valeurs douteuses à la société. Les héritiers des collaborateurs nazis, avec leurs portraits de Bandera, ne seront jamais admis à Donetsk. Et jamais une telle guerre ne sera juste, jamais elle ne sera une « bonne cause » qui pourrait donner naissance à une « nouvelle nation ». Dans une telle guerre il n’y aura pas de gagnants. Tous perdront, et l’Ukraine sera perdue. Il est nécessaire de trouver des moyens pour une solution pacifique au conflit. Et si dans l’histoire il n’y a pas de précédents, c’est le moment d’en créer.
- Pourquoi la direction du pays n’entreprend-elle rien ?
- Kiev ne veut pas entendre les demandes légitimes de la population de l’Est et cela ne fait que renforcer les manifestations anti-gouvernementales. Il est monstrueux de compter que la destruction physique des ennemis du nouveau régime « résoudrait » la situation. Et encore plus monstrueux de propager ce point de vue. Néanmoins, le pouvoir suit cette voie.
- Tout d’abord, le régime actuel est en quelque sorte convaincu que la guerre va effacer tous ses crimes. Regardez : aujourd’hui le gouvernement fonctionne sans aucun programme. On ne peut pas considérer comme un programme le galimatias que Iatseniouk a prononcé lors de sa nomination. Il n’y a là aucune réponse aux questions posées dans les industries et les régions, les programmes sectoriels, la budgétisation de tous ces projets ; ont-ils même décidé de commencer d’adapter l’économie ukrainienne aux normes de l’UE ? Il n’y a aucun programme pour le faire ! Il n’y a aucune décision sur les relations commerciales et économiques avec la Russie. Il n’y a pas de réponse à la question de savoir comment compenser les pertes possibles de l’Ukraine sur les marchés de l’Union eurasienne.
- Actuellement, le seul programme mis en œuvre est la réduction de toutes les prestations sociales. Là encore, le gouvernement a annoncé des compressions budgétaires de 40 milliards de hryvnias (la monnaie ukrainiennes, note du traducteur), et en même temps décide d’augmenter les dépenses de guerre. D’où viendra cet argent ? La réponse est évidente : des programmes sociaux. Dans le même temps les tarifs des services publics augmentent. Les entreprises ferment et les gens perdent leur emploi. Comment survivront les travailleurs ukrainiens dans de telles conditions ? La réponse du gouvernement est « serrer la ceinture » et endurer. Ainsi, la guerre est juste une couverture des plans oligarchiques réels. C’est le deuxième point : Derrière le rideau de slogans chauvins est lancé un processus à grande échelle de redistribution de la propriété. La nouvelle élite oligarchique s’efforce non seulement de s’approprier les propriétés et les filières de corruption de l’ancien régime, mais achève la privatisation des biens résiduels de l’État en se les appropriant. Tout cela sous couvert de restauration de la justice et de réformes nécessaires.
- Troisièmement, le gouvernement oligarchique s’efforce de faire dégénérer le conflit interne en une très dangereuse confrontation russo-ukrainienne : La guerre est une justification pour les oligarques. Mais ceux qui y meurent sont ceux que les oligarques ont volé, volent et vont continuer de voler.
- Il est clair que cela ne va pas continuer longtemps. Ce n’est même pas par le fait que tôt ou tard les oligarques se remettront d’accord et se réconcilieront. La collusion des oligarques ne rétablira pas la justice sociale. Les gens commencent à comprendre que la guerre ne se fait pas dans leur intérêt, ni dans celui de l’Etat ukrainien, mais pour les bénéfices des oligarques, des fonctionnaires corrompus et de leurs maîtres et patrons occidentaux. Et les principaux ennemis de la société sont les oligarques ukrainiens. Une vague de mécontentement se prépare. Dans le pays, les événements mènent vers la révolution socialiste. Et nous serons aux côté des travailleurs dans leur lutte.
- Les communistes sont actuellement accusés de beaucoup de péchés. Mais combien y a-t-il de vérité dans ces accusations ?
- Je veux juste dire de manière responsable : il n’y a pas de décision du Parti communiste de l’Ukraine visant à soutenir séparatisme, scission ou division et il n’y en aura jamais. C’est notre position de principe. Nous sommes pour une Ukraine unie, indépendante et prospère.
- Nous, communistes, avons rassemblé et unifié nos terres, nous avons créé un complexe économique exceptionnel, dont la puissance a permis l’entrée de l’Ukraine dans les dix pays les plus développés d’Europe et du monde. Le régime national-fasciste actuel, comme ses prédécesseurs dans les années de l’indépendance, n’a rien fait pour multiplier ce potentiel. Ils ne peuvent rien proposer de plus intelligent que ce que nous communistes avons fait. Les oligarques au pouvoir menacent depuis toujours les intérêts nationaux. Ils ne voient que ce qu’ils croient.
- C’est pourquoi ils font tout pour éliminer le Parti communiste de la vie politique, pour empêcher le peuple ukrainien de choisir son avenir, en accusant le parti de trahison et d’activités anti-ukrainiennes : c’est un non-sens et une provocation. Ils essayent de faire du Parti communiste un épouvantail, de le faire passer pour l’instigateur de la guerre avec un seul but : éliminer la force politique qui peut effectivement conduire les luttes sociales contre le régime oligarchique.
- Par conséquent, nous mettons en garde les travailleurs : derrière l’écran de la répression anti-communiste se constitue une nouvelle collusion oligarchique. C’est le processus qui a eu lieu à la demande des Etats-Unis en Europe occidentale après la Seconde Guerre mondiale, et en Europe de l’Est dans les années 90 du siècle dernier.
- Tout leur est bon pour évincer le Parti communiste de la scène politique : poursuites judiciaires et calomnies ordurières ; ils vont jusqu’à faire pression physiquement et moralement sur les militants du parti. Au parlement, ils ont formé un parti trompe l’oeil qui flirte avec la rhétorique socialiste. Il est dommage que certains des anciens membres de notre parti, des députés du peuple, aient décidé de trahir et y participent. Le KPU considère qu’ils n’ont pas seulement trahi le parti : ils ont trahi tous les travailleurs.
- Le Parti communiste sous une telle pression pourra-t-il maintenir son influence et se rendre à la prochaine législature ?
- Nous sommes conscients de toutes les difficultés existantes. Le Parti de la guerre (« Patrie », « OUDAR », « Svoboda » avec les « vieilles carcasses » du régime de Ianoukovitch) a fait tous ses efforts pour interdire le parti communiste avec l’aide des tribunaux qu’il contrôle, pour empêcher notre participation aux élections. Ils veulent tenir des élections uniquement dans les territoires où ils ont établi leur contrôle total, par une guerre médiatique sale contre les ennemis de leur régime, par la terreur physique et morale, par une nouvelle forme d’escalade de l’agression, de la « guerre humanitaire ».
- Mais ces élections ne sont pas démocratiques. Un Parlement ainsi formé sera illégitime pour l’ensemble du pays. Donc, la situation deviendra encore plus grave. La tenue d’une campagne électorale seulement dans une partie du territoire de l’Ukraine, à savoir sans l’Est, privant de possibilité de voter des millions d’électeurs, nuirait à l’intégrité territoriale. En conséquence, nous obtiendrions seulement un approfondissement de la crise et une traduction politique de la division. Malheureusement, cette thèse des communistes a été pleinement confirmée par les élections soi-disant présidentielles tenues en mai, qui ont marqué le commencement d’un nouveau cycle d’exarcerbation du conflit.
- En outre, vous devez comprendre que le Président Porochenko se précipite pour organiser des élections législatives anticipées pour les raisons suivantes :

  • Lors du vote, les électeurs ne doivent pas sentir la détérioration des conditions de vie qui découlera de la signature du protocole inégal avec le FMI, de l’accord d’association meurtrier avec l’UE, une forte hausse des prix et des tarifs pour le logement et les services communaux, etc, c’est à dire les électeurs doivent être dans l’illusion que le « parti de la guerre » remplira ses promesses ;
  • Lors du vote, les électeurs ne doivent pas avoir compris pour quoi ils se battent et laissent tuer leurs fils, dans cette guerre qui est inutile pour les personnes qui travaillent ;
  • Le Président veut un Parlement « à sa botte », qui amende la Constitution pour lui conférer plus de pouvoirs que n’en avait Ianoukovitch ;
  • Il refuse aux électeurs de comprendre que des élections anticipées ne représentent pas seulement un coût budgétaire d’un milliard de hryvnias supplémentaire, mais avant tout l’échec de la coalition du parlement formé après le Maidan, incapable de s’acquitter de ses obligations.

- Comme en 2004-2005, ils sont déchirés par des contradictions internes dans la lutte pour les postes, ils sont avides de profits : L’équipe Porochenko en 2014 et l’équipe Iouchtchenko en 2004-2005 représentent les mêmes forces politiques, les mêmes oligarques.
- En bref, comme on dit, "c’est bonnet blanc et blanc bonnet"
- Afin d’assurer la volonté des citoyens, le pays a besoin de paix et de tranquillité. Les gens devraient être les participants actifs et les créateurs de leur propre avenir. Les gens ont le plein droit de déterminer le développement de l’Etat, et de ne pas servir les intérêts des Etats-Unis et de l’Occident. Comme dit le proverbe : « Le soleil se lève à l’Est ; à l’Ouest, il se couche. »
- En ce qui concerne les perspectives du parti communiste, je suis confiant pour l’avenir. Le Parti Communiste d’Ukraine n’est ni un projet oligarchique, ni une politique éphémère. Nous sommes un parti avec une solide base idéologique, un parti de vainqueurs et de créateurs de grandes réalisations, un Parti de la justice et des grandes idées qui a toujours vécu et vivra dans l’esprit des gens. Le brouillard des illusions se dissipera et les travailleurs comprendront que leur croissance et leur bien-être futur n’est possible qu’avec les communistes.
- Le 6 août 2014 ; Petro Simonenko, premier secrétaire du Parti communiste de l’Ukraine

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